"La catégorie des métèques est bien représentée dans de nombreuses cités grecques, tant à l’époque classique qu’à l’époque hellénistique, tant par les textes littéraires que par les documents épigraphiques, mais c’est pour Athènes que nous sommes le mieux renseignés.
Qu’est-ce qu’un métèque ? C’est un étranger domicilié dans la cité, pour une durée plus ou moins longue, parfois même à titre définitif. C’est un homme libre, non citoyen, à qui la cité fait une place expressément définie par un statut fixé par la loi.
Le terme de métèque est généralement interprété comme signifiant : « celui qui vit avec (les citoyens) », du grec
meta : « avec » et
oikein : « habiter, résider ». Une autre interprétation a été toutefois proposée par certains historiens qui retiennent dans meta la notion de changement, de transfert qu’implique ce préfixe ; pour eux le métèque serait « celui qui a changé de séjour » pour venir s’installer dans une autre cité. Le mot peut avoir eu ce sens en effet, mais à l’époque classique c’est le premier sens qui s’est imposé, au point que le terme de métèque s’est également appliqué à ceux qui, anciens esclaves, ont étés affranchis et ont accédé au statut de métèque. Il ne faut pas perdre de vue en effet que, au regard de du droit public, l’affranchi qui a choisi de demeurer sur place est désormais un métèque.
Au bout de combien de temps un étranger devenait-il métèque ? Un texte d’un lexicographe du IIIe siècle av. J.C., Aristophane de Byzance, nous en donne la définition suivante :
Est métèque celui qui, venant d’une cité étrangère, s’établit dans la cité, acquittant une taxe destinée à certains besoins fixes de la cité. Tant qu’il séjourne un certain nombre de jours, il est appelé étranger de passage (
parépidémos) et n’est pas assujetti à la taxe, mais si son séjour excède le temps fixé, il devient métèque et est assujetti à la taxe.
L’indication est précieuse : ce n’est qu’au bout d’un certain temps de séjour dans la cité que l’étranger de passage devient métèque. Mais nous ne pouvons guère en dire plus sur le délai qui lui est imparti. On a parfois invoqué le texte d’une convention judiciaire entre deux petites cités de Locride,
Oiantheia et
Chaleion, pour estimer que ce délai était d’un mois, mais l’interprétation de ce texte en ce sens n’est pas du tout certaine. Tout ce qu’on peut dire, c’est que, passé un certain temps de séjour qui pouvait être considéré comme l’indice d’une volonté de l’étranger de s’attarder dans la cité, il était rangé dans la catégorie des métèques.
Bien entendu, ce statut n’était pas acquis du seul fait que l’étranger prolongeait son séjour. Il était tenu de se faire inscrire comme métèque sur le registre d’un dème (lieu de vie locale, politique, religieuse et culturelle avec son assemblée et ses magistrats), tout comme devait le faire un citoyen à sa majorité, à la différence qu’il ne pouvait comme le citoyen faire partie de l’assemblée du dème. Au reste, sur bien des points son statut le distingue du citoyen."
R.LONIS -
La Cité dans le Monde Grec