Créer un blog Présentation

Nom du blog :
luxmealex
Description du blog :
Ecrits et citations du Professeur Raoul LONIS
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
10.02.2008
Dernière mise à jour :
06.05.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<

Navigation

Accueil
Livre d'or luxmealex
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· EXTRAITS
· La véritable démocratie
· Fêter les dieux ensemble
· Le besoin d'utopie
· Repas de tribus

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

world citizenship
05.04.2008
RSS

Blogs à découvrir :

· ecoville
· stcypnews
· lailasamburu
· charafantar
· lagraphologiesaitquoi
· vigneronajt
· atiaimua
· artsocial
· viemoderne
· riskmanagerloictournez

Les juges étrangers

Posté le 18.02.2008 par luxmealex

"On appelle juges étrangers des hommes qui sont appelés à juger des procès entre citoyens d’une même ville ou entre l’état et les citoyens d’une même ville. Ces procès, au lieu d’être jugés par les tribunaux compétents de la cité, tribunaux composés de citoyens (politika dikastéria), le sont par des tribunaux composés d’un petit groupe de juges que l’on fait venir de l’étranger (xénika dikastéria). Il ne faut pas confondre les juges étrangers avec les arbitres internationaux choisis dans une tierce cité par deux cités qui ont entre elles un différend, notamment pour les questions de territoire.
C’est très officiellement que les juges étrangers sont sollicités par les responsables de la cité : un décret est d’abord pris pour demander à une cité d’envoyer les juges ; on rédige alors une lettre qui est portée par un ambassadeur à la cité choisie, ambassadeur chargé de ramener avec lui les juges désignés. C’est la ville sollicitée qui compose le tribunal, car, contrairement à ce qui se passe dans les arbitrages internationaux, on ne fait pas appel nommément à telle ou telle personnalité étrangère. Mais il est bien certain que, lorsqu’on s’adresse à une cité c’est qu’elle passe pour avoir des hommes habiles à dire le droit. Le tribunal ainsi composé est constitué de deux à cinq juges et d’un secrétaire.
Le rôle de ces juges est d’abord de tenter de concilier les parties en présence et, s’ils n’y parviennent pas de rendre les sentences qui seront exécutoires. Quels types de procès ces juges étaient-ils appelés à juger ? On peut s’en faire une idée par les très nombreux décrets qui nous sont parvenus et dans lesquels une cité rend hommage à des juges étrangers pour la qualité de leurs services. Il y a des différends commerciaux portant sur des emprunts ou des contrats ; il y a des plaintes de l’état contre des particuliers à cause de la gestion d’une charge ou pour des délits de droit commun ; mais il y a aussi des différends nés au cours de troubles sociaux graves après lesquels il faut apaiser les esprits.
Par exemple, dans la cité de Tégée qui a du rappeler en 324 les exilés chassés au cours de sévères dissensions intérieures, on décide que les affaires relatives à la restitution des biens de ces exilés seront jugées par un tribunal étranger qui siégera pendant soixante jours ; passé ce délai, les différends devront être portés devant un tribunal civique. Ce type d’intervention montre bien que le recours aux juges étrangers répond à une certaine méfiance à l’égard des tribunaux locaux dont on peut craindre de rétablir la paix sociale dans les cités où ils sont appelés à intervenir.
Tels sont donc le sens et l’intérêt d’une institution qui apparaît tout de même assez tardivement, car elle n’est attestée clairement pour la première fois qu’en 324. Elle s’est répandue surtout à l’époque hellénistique, plus largement dans les cités grecques d’Asie Mineure et des îles que dans celles de la Grèce péninsulaire où elle ne sera généralisée qu’au IIe siècle".



--

Repas de tribus

Posté le 10.02.2008 par luxmealex
"A Athènes, certaines grandes fêtes sont chaque année l'occasion d'un repas public offert dans chacune des dix tribus par un citoyen désigné par le sort parmi les plus riches de la tribu. Cette charge qui est l'une des liturgies qui pèsent sur les citoyens athéniens aisés s'appelle "l'hestiasis". Mais si l'on connait quelques cas de de citoyens athéniens qui ont supporté cette liturgie, et les deux fêtes au cours desquelles ce repas était offert, on ne sait pas en revanche comment se déroulait ce banquet ni très précisément à quelles fêtes il était offert. Si l'on en croit un commentateur tardif de Démosthène, il pourrait s'agir des panathénées (les petites Panathénées ?) et des Dyonysies (les Dyonisies urbaines ?), mais sans qu'on puisse en dire beaucoup plus. Les textes qui nous renseignent sur les cérémonies se déroulant lors de ces deux fêtes font mention de distribution de viande aux participants plutot que de repas pris sur place. Ce qu'on peut retenir en tout cas, c'est que, dans la mesure ou chaque tribu participe à un repas offert par l'un de ses membres, c'est dans toute la cité que les hommes s'attablent avec deux de leurs concitoyens avec qui ils partagent ordinairement, sur la base de la tribu, leurs responsabilités de citoyens ou de soldats. A Athènes, on vote avec sa tribu, on se bat avec sa tribu, on mange avec sa tribu".

R.LONIS - La Cité dans le Monde Grec

Fêter les dieux ensemble

Posté le 10.02.2008 par luxmealex
"On peut définir la fête comme une manifestation collective d'allégresse ou de recueillement destiné à célébrer un évenement ou à honorer un personnage. La fête est mobilisatrice d'énergies, riche d'intentions et génératrice d'effets généralement durables. Même guidée par les règles du jeu, elle peut, être spontanéité et créativité. En Grèce, on peut dire qu'il ny a guère de fête que religieuse. La fête (héortè) est d'abord célébrée pour honorer une divinité, même si d'autres objectifs viennent se greffer sur cette intention première. La cité grecque a accordé une place considérable aux fêtes, comme le montrent les calendriers hoéorteologiques qui nous sont parvenus en provenance de nombreuses cités. La fête a en effet joué un rôle déterminant non seulement dans la sensibilité religieuse des citoyens, mais aussi dans la cohésion de la communauté. "(...)

R.LONIS - La Cité dans le Monde Grec

La véritable démocratie (Isocrate)

Posté le 10.02.2008 par luxmealex
Ceux qui autrefois administraient la cité, établirent non pas une constitution à laquelle on donnait le nom le plus large et le plus doux, mais qui ne le justifiait pas par ses actes aux yeux de ceux qui avaient affaire à elle, qui donnait aux citoyens une telle éducation qu'ils voyaient de l'esprit démocratique dans l'indisciple, dans le mépris de la loi, de la liberté, dans la licence des paroles, de l'égalité, dans le droit d'agir ainsi, le bonheur, mais une constitution qui, en détestant et en châtiant les gens de cette espèce, rendait meilleurs et plus sages tous les citoyens. Ce qui contribua le plus à la bonne organisation de leur cité, c'est qu'entre eux deux égalités dont on connait l'existence et dont l'une distribue la même part à tous et l'autre à chacun ce qui lui convient, ils ne méconnaissent pas la plus utile : celle qui accorde la même chose aux bons et aux méchants, ils l'écartaient comme injuste ; et celle qui honore et châtie chacun selon son mérite, ils la choisissaient et, grâce à elle, ils réglaient les affaires de l'état non pas en tirant au sort les magistrats parmi tout le peuple, mais en désignant pour chaque tâche les gens les plus honnêtes et les plus compétents ; car ils espéraient que les autres citoyens ressembleraient aux gens mis à la tête des affaires. Ils se tenaient si éloigés de ce qui appartenait à la cité qu'en ce temps là il était plus difficile de trouver des gens désireux d'être magistrats que maintenant des gens pour refuser de l'être : à leurs yeux, ce n'était pas une spéculation, mais un service public que le soin des affaires de l'état ; au lieu d'examiner dès le jour de leur entrée en fonctions si leurs prédécesseurs avaient laissé quelque chose à prendre, c'était bien plutôt s'ils avaient négligé quelque affaire dont la solution fût urgente. Bref, les gens de ce temps avaient décidé que le peuple doit, comme un tyran, établir les magistrats, punir ceux qui font des fautes et juger des litiges, et que les personnes qui peuvent avoir du loisir et possèdent des moyens suffisants de vivre doivent s'occuper des affaires publiques comme des serviteurs; que s'ils se montrent justes, ils doivent recevoir un éloge et se contenter de cet honneur ; et que, s'ils administrent mal, ils doivent n'obtenir aucun pardon et être frappés des plus lourdes peines. Or peut-on trouver démocratie plus solide ou plus juste que celle qui charge des affaires les plus capables, mais rend d'eux le peuple maître souverain?

R.LONIS - La Cité dans le Monde Grec


ISOCRATE, Aréopagitique (trad.CUF)

Le besoin d'utopie.

Posté le 10.02.2008 par luxmealex
"L'utopie a toujours tenu une place importante dans la pensée grecque. Aussi l'aspiration à une cité idéale n'a pas toujours pris la voie de la réflexion, mais s'est parfois exprimée à travers la franche utopie. Cette utopie peut revêtir deux formes : le regret d'un âge d'or conçu comme celui d'une cohabitation paisible etre les êtres humains, d'une vie sans travail prodiguée par une nature généreuse, et la nostalgie d'une promiscuité heureuse avec les dieux, avant que la faute de Prométhée ne compromette cet ineffable bonheur. C'est cette époque révolue que chante le poète Hésiode (Les Travaux et les Jours, 109-126) et après laquelle soupireront à sa suite bien des poètes. L'autre volet du fantasme utopique est la description de prodigieux pays de cocagne où l'abondance des ressources s'allie à la sagesse des hommes et à la bienveillance des dieux pour en faire le pays des Bienheureux. Il en est ainsi des contrées fabuleuses habitées par les hommes du bout du monde comme les Ethiopiens d'Hérodote (III,20,24) ou les Hyperboréens de Callimaque (Hymne à Délos,278,290. La même description enthousiaste est faite de la société indienne par Mégasthène, ambassadeur de Séleucos Ier à la cour de Chandragoupta (Diodore,II,39,5), ou de ces îles du soleil qu'auraient visitées le navigateur Iamboulos et ses compagnons (DiodoreII,57,60), ou encore de l'île de Panchaia, au large de l'Arabie heureuse, dont Evhémère de Messène (d'après Diodore, V,42-46) nous vante l'excellence des institutions et du système social.
Mais à côté de de la franche utopie dont se nourrit le mythe ou la fiction romanesque, n'y a-t-il pas eu aussi, si l'on peut dire l'utopie raisonnée des philosophes ? Même si elles sont le fruit de savantes réflexions, c'est un peu dans cette tradition que s'inscrivent les constructions idéales de certains d'entre eux. Elles s'en séparent toutefois en ce qu'elles n'aspirent pas simplement à retrouver la félicité béate des paradis perdus, mais réclament effort discipline et éducation. D'une certaine manière, Platon, Hippodamos de Milet ou Phaléas de Chalcédoine y ont cédé plus que d'autres à l'époque classique, et peut-être aussi des stoïciens comme Sphairos de Borysthène ou Blossius de Cumes à l'époque hellénistique. mais rêver d'une cité parfaite et, à défaut de la réaliser, en dessiner les contours dans les moindres détails, c'est le fantasme qui habita bien des intellectuels grecs".

R.LONIS - La Cité dans le Monde Grec
Première page | <<< | 1 2


Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus